LES ROUTES VAROISES EN LIBERTÉ
La passion de la moto, tout simplement.
Dernière mise à jour du site 24 juin 2026
LES GORGES DE CIANS ET DU DALUIS
Lundi 8 au mercredi 10 juin 2026
Mais avant d'atteindre ces sommets mythiques, il faudra mériter chaque panorama. Ce ne sont pas moins de six cols qui jalonneront notre itinéraire, autant de montées à gravir et de descentes à négocier, au rythme des virages et des paysages grandioses. À chaque passage, la route se réinvente, offrant son lot de lacets, de points de vue spectaculaires et de plaisirs de pilotage.
Une journée placée sous le signe de l'altitude et de l'émerveillement, où les motos vont enchaîner les courbes tandis que les yeux ne sauront plus où donner de la tête. Les kilomètres promettent d'être nombreux, mais les souvenirs le seront davantage encore.
Mardi 9 juin 2026 - Une grosse journée.
1 000 m d'altitudde, forcément le paysage est grandiose depuis notre terrasse.
La route se met à onduler et devient plus étroite, nous sommes comme aspirée entre les parois. Les falaises se dressent de chaque côté, imposantes, tandis que la lumière joue à cache-cache, alternant entre zones d’ombre fraîches et éclats de soleil.
Les gorges approchent, et l’atmosphère change déjà, plus intense, presque solennelle.
Soudain, la palette se transforme : le vert et le gris laissent place à des parois d’un rouge ocre flamboyant. Cette transition annonce l’entrée dans les Gorges du Cians, où se dessine déjà la promesse d’un spectacle à couper le souffle.
Un arrêt s’impose pour admirer cette merveille minérale. Heureusement, l’ancienne route, aujourd’hui fermée à la circulation, offre un espace sûr pour stationner et s’aventurer à pied sur quelques centaines de mètres. Le décor est presque irréel, comme si l’on avait changé de planète : la roche arbore une teinte singulière, et par endroits elle s’effrite en une multitude de petits éclats, comme une matière vivante sculptée par le temps, les écarts de température et l'érosion naturelle.
Entre minéral et végétal, chacun semble jouer sa partition pour capter le regard. La roche impose sa présence brute, tandis que la végétation tente, par touches subtiles, de s’y frayer une place et d’attirer l’attention.
Dans ce paysage souvent qualifié de « petit Colorado niçois », le Cians a taillé un étroit corridor au cœur de roches rouges et blanches. Il en résulte une enfilade de clues, ces passages encaissés où le torrent s’emballe, s’étire sur la pierre et se décompose en une multitude de petites cascades et rapides.
En quittant les Gorges de Cians, la route s'élève progressivement vers les cimes. Une succession de virages nous conduira jusqu'au premier Col de la journée, le col de la Couillole à 1 678 mètres d'altitude, offrant des panoramas grandioses sur les Alpes.
Virage après virage, le paysage devient de plus en plus minéral et grandiose, tandis qu'un air vif s'invite sous les casques. Lorsque nous atteignons enfin le col, le thermomètre affiche à peine 12 °C. Dans ce décor spectaculaire balayé par la fraîcheur montagnarde, la pause est rapide : un regard émerveillé sur les panoramas alpins, puis tout le monde remonte en selle sans tarder pour retrouver des températures plus clémentes quelques kilomètres plus bas.
Et qui dit plaque de neige ... dit de belles cascades tout au long de la route !
Petit détail, à cette altitude, les soldats devaient vivre et combattre dans des conditions extrêmes, avec plusieurs mètres de neige en hiver et des températures descendant largement sous les -20 °C. Le véritable ennemi n'était parfois pas l'adversaire, mais la montagne elle-même.
Au fil des kilomètres, la montagne change de visage. Derrière nous reste la Bonnette, géant de pierre battu par les vents. Devant nous s'ouvre un autre univers, celui du Parc national du Mercantour. Ici, la nature règne encore en maître. Les vallées se resserrent, les forêts gagnent du terrain et chaque virage dévoile un nouveau décor, comme si la route avait été dessinée pour les amoureux des grands espaces.
Quand nos ladies prennent la pause devant la stéle qui marque le passage du col !
Plutôt que de longer les falaises baignées de lumière, nous choisissons l’option « intérieure » : une succession de 17 tunnels qui s’enchaînent comme les maillons d’un même ruban creusé dans la montagne. À chaque entrée, la lumière se referme derrière nous, laissant place à l’écho des moteurs et à cette ambiance presque secrète, taillée dans la roche.
Dans un virage, la progression ralentit puis s’arrête net : impossible d’avancer. Une véritable marée de brebis déboule devant nous, compacte, déterminée, et surtout parfaitement indifférente à notre présence. La route disparaît sous leurs pattes comme si elle n’avait jamais existé.
Obligés de mettre pied à terre, nous assistons à ce défilé inattendu, coincés entre amusement et résignation. Les motos patientent, moteurs au ralenti, pendant que le troupeau occupe royalement toute la largeur de la chaussée, comme s’il avait signé un bail exclusif sur les lieux.
Quelques regards échangés dans le groupe suffisent à résumer la scène : sur cette route de montagne, ce soir, ce n’est pas nous qui avons le dernier mot… mais bien la transhumance.







